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Camino visite le Salón del Cacao et les coopératives du Pérou

Entretien avec Renato Sobrino, réalisé par Amber St. Louis

Amber : Tu t’es rendu récemment à Lima, au Pérou, pour prendre part au Salón del Cacao y Chocolate. Peux-tu nous présenter brièvement cet évènement ? 
 
Renato : Ce salon est un évènement de trois jours qui vise à faire connaitre et à explorer différents aspects de l’industrie péruvienne du chocolat. On y présente de nombreuses conférences portant sur divers sujets, des pratiques agricoles durables à la préservation de la forêt pluviale en passant par les différents profils aromatiques du cacao. Des spécialistes nationaux et internationaux y viennent pour faire des présentations orales et des démonstrations sur la préparation de produits à base de chocolat. Une exposition sur le cacao sous toutes des formes est aussi présentée. 
 
L’objectif principal du salon se divise en deux volets. D’abord et avant tout, l’évènement vise à promouvoir le cacao péruvien – sa qualité et ses bienfaits – ainsi que les producteurs eux-mêmes. Ensuite, il sert à stimuler les affaires pour générer, à terme, une croissance économique en élargissant les relations internationales dans l’industrie du cacao et du chocolat. Pour vous donner un exemple, j’y ai été invité à titre d’acheteur potentiel. 
Par ailleurs, l’édition de cette année avait prévu des visites chez les producteurs. Ces sorties ont été en partie mises sur pied par le gouvernement péruvien, qui a joué un rôle majeur dans la tenue du salon. Les producteurs que nous avons visités se trouvent dans la région de San Martín au Pérou. Ils sont entourés par la forêt amazonienne. Ces rencontres étaient une excellente occasion pour nous tous de mieux comprendre le dur labeur qu’exige la production de cacao. 
 
 
 
Amber : Quels étaient les principaux thèmes abordés lors du salon ? 
 
Renato : Ils portaient majoritairement sur le concept de qualité. Le cacao péruvien a fait l’objet d’une importante campagne de promotion pour percer le marché des cacaos de première qualité. Jusqu’à tout récemment, la production de cacao au Pérou était surtout axée sur les variétés à rendement élevé. Par contre, à l’heure actuelle, on tend fortement vers la qualité plutôt que la quantité. Le gouvernement est très engagé au sein de ce mouvement et travaille de concert avec les producteurs pour promouvoir ce changement. Cela ne signifie pas que le rendement élevé n’est plus une priorité, mais l’objectif consiste plutôt à faire du Pérou un fournisseur de cacao plus raffiné et de plus grande qualité. 
 
Le second thème d’importance portait sur la qualité sous l’angle de la prévention par rapport aux métaux lourds. La contamination aux métaux lourds comme le cadmium est un problème constant auquel font face les producteurs de cacao du Pérou et d’ailleurs dans le monde. Chez Camino, nous avons la chance de pouvoir vérifier la présence de métaux lourds pour s’assurer que nos produits se trouvent bien en deçà des normes d’innocuité pour la consommation. Cependant, prévenir la contamination dès le stade de production serait bénéfique pour nous tous. Des recherches récentes laissent entrevoir des avenues prometteuses quant aux techniques naturelles de prévention. Cet enjeu récurrent a donc été abordé pendant le salon d’une manière positive et tournée vers l’avenir. 
 
Amber : Quels partenaires producteurs de Camino ont participé à l’évènement, et comment ces coopératives se portent-elles ?
 
Renato : Dans le cadre des visites organisées lors du salon, j’ai pu rencontrer deux de nos coopératives associées. La première, Acopagro, est une coopérative productrice de cacao qui cherche toujours à se surpasser pour ses plus de 2 000 membres. À titre de coopérative, l’organisation offre de nombreux ateliers allant de la nutrition à la prévention de la violence en passant par la sécurité dans la cuisine et le compostage domestique, pour informer ses membres et améliorer leur qualité de vie. Acopagro offre aussi des produits et des services bancaires, comme des comptes d’épargne et des subventions, pour contribuer à la formation personnelle. Elle tient aussi des campagnes d’examens médicaux gratuits afin de promouvoir les soins de santé et offre de l’assurance-vie. À titre d’entreprise, elle est florissante. Cette coopérative dispose d’une formidable équipe de direction et leurs procédés de production systématisés m’ont impressionné. Leurs ventes sont en progression constante et n’affichent aucun signe de ralentissement. 
 
Ensuite, nous avons visité Oro Verde, une autre coopérative qui produit du cacao. Située à Lamas, elle compte 1 687 membres, dont un grand nombre sont des femmes. J’y ai rencontré Violeta Lozano, la directrice des ventes, qui occupe un poste que l’on attribue rarement à une femme et ce, tant au Pérou que dans l’ensemble de l’Amérique latine rurale. Elle m’a fait part des efforts déployés au sein de la coopérative pour favoriser l’égalité des sexes, et la satisfaction globale des membres féminins. De fait, Oro Verde est accréditée auprès du Consejo Regional De Las Mujeres Cooperativistas pour saluer son attachement aux valeurs d’égalité entre les femmes et les hommes. Dans l’ensemble, la coopérative fonctionne bien. Je continuerai d’assister avec plaisir à sa croissance. 
 
 
J’ai aussi rencontré personnellement un autre de nos partenaires producteurs à la fin du salon, Naranjillo, une coopérative fondée il y a 50 ans, qui produit du cacao qu’elle transforme également dans sa propre fabrique. J’ai rencontré ses représentants pour renforcer nos relations, prendre le pouls de l’entreprise et signer notre contrat annuel. Naranjillo a beaucoup progressé, surtout au cours de la dernière année. En effet, après plusieurs années difficiles, la coopérative a conclu un partenariat avec Althelia Ecosphere, un groupe de financement voué aux initiatives durables, qui aide la coopérative à renverser la situation. Le soutien apporté par ces spécialistes ne se limite pas au simple financement, mais vise aussi les fondements essentiels de l’entreprise. Pendant ma visite, j’ai eu l’occasion de parler avec des représentants d’Althelia, qui m’ont eux aussi exprimé leur enthousiasme à l’égard de cette association.
 
 
Amber : Tu as aussi visité la fabrique où nos pépites de chocolat sont faites. Quels sont les faits saillants de ta visite ? 
 
Renato : Je voulais visiter la fabrique de pépites de chocolat pour comprendre comment l’entreprise est administrée et pour évaluer sa capacité à préparer de nouveaux produits. J’ai bien aimé ce que j’ai vu. Ils ont mis en place des procédures remarquables pour prévenir la contamination croisée aux allergènes, un enjeu fondamental aux yeux d’un grand nombre de nos clients. Dans l’ensemble, leur programme d’assurance-qualité est très intéressant et surpasse la moyenne. Il est conçu dans l’optique d’apporter des améliorations continues au système en place, avec un mur Avant/Après qui témoigne de chaque amélioration apportée. On invite continuellement les travailleurs à proposer de nouvelles façons d’améliorer la sécurité et l’efficacité de la fabrique, à la grande fierté de tous. Ce souci d’amélioration constante m’a paru très motivant. Dans l’ensemble, j’ai constaté avec satisfaction que les activités de l’entreprise se déroulent rondement et sont bien établies. 
 
 
Amber : Quel moment de ton séjour t’a semblé être le plus inspirant ? 
 
Renato : C’est sans contredit la visite chez nos partenaires producteurs, Oro Verde et Acopagro. D’abord, à Oro Verde, les changements apportés aux politiques en vue de donner plus de pouvoir aux femmes sont admirables. Non seulement les membres de sexe féminin sont très bien traités, mais la coopérative recrute également des femmes pour pourvoir les postes de direction. Cela s’apparente directement au principe de non discrimination et d’équité entre les sexes propre au commerce équitable. J’espère que ce mouvement servira de source d’inspiration à d’autres coopératives de producteurs et que les femmes seront à l’avenir une force grandissante dans cette industrie. 
 
 
Ensuite, à Acopagro, c’est la manière dont tous les membres sont traités qui m’a inspiré. La coopérative s’est véritablement donné l’objectif de veiller à long terme sur ses membres. Les nombreux avantages associés à l’adhésion en témoignent, mais le meilleur exemple est possiblement le régime de retraite des travailleurs qui, à Acopagro, prend la forme d’arbres plantés sur un lopin de terre dédié à cet effet. Dans les 10 à 20 ans suivant la mise en terre de ces arbres, leur valeur augmente de manière importante, de telle sorte que l’investissement financier consenti par les membres devient une solution viable pour la retraite. Des mesures de soutien aux travailleurs aussi complètes sont admirables et aident à hausser la barre pour tous les autres intervenants. 
 
À mon avis, la partie la plus importante de mon séjour et de mon voyage en tant que tel a été le renforcement des liens avec nos partenaires. Cet objectif s’est trouvé facile à réaliser étant donné la qualité des activités se déroulant à Oro Verde et Acopagro, et chez les autres parties. Le fait de travailler avec des partenaires aussi exceptionnels m’a permis de repartir à la fois fier et inspiré. 

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